Et oui ! Puisqu'il faut un miracle pour accéder à la sanctification, je m'inscris donc dans la liste des futurs sanctifiés, puisque miracle il y a eu : je poste.
Alléluia, comme dirait mon grand pote Benoit.
Comment vas-tu, cher lecteur ? Ca fait longtemps, je te trouve changé !
C'est le printemps, les abeilles bourdonnent, les papillons papillonnent...
Et les étudiants commencent tout doucement à avoir le masque du blocus... Adorable s'il en est, tu en conviendras !
Traits tirés, sourire crispé et souffle court, le masque du blocus de l'étudiant se caractérise d'abord par une absence prolongée de rasage chez ces messieurs et de brushing chez ces demoiselles...
Certains d'entre eux arborent ensuite fièrement quelques trous dans leurs chevelures, signes incontestables qu'ils ont commencés à s'arracher les cheveux : et comme nous les comprennons !
L'étudiant en blocus, also known as phase pré-examens..., est un drôle d'animal qu'il est très aisé d'observer pour un scientifique dans l'âme tel que toi, cher lecteur !
Il se tapit à proximité immédiate de son école/unif ou autre lieu de martelage intellectuel où des profs sanguinaires assaillent son encéphale pourtant déjà surchagé à grands coups d'informations diverses et variées, sans tenir compte un seul instant de sa santé mentale, tu t'en doutes !
On trouve aussi l'étudiant en blocus près de bibliothèques, dont le calme et l'absence de tentations distractives (A moins, bien sûr, d'être passioné par l'oeuvre de Proust en 12 volumes) le séduisent grandement.
Mais, l'étudiant en blocus, c'est bien plus que cet être aux yeux hagards et à l'aspect extérieur douteux, cher lecteur, ne te méprends pas...
C'est une philosophie de vie !
Un état d'esprit permanent !
Non sollicité, il contribue néanmoins avec rigueur et efficacité à l'apparition progressive de tous les symptômes du masque de la bloque...
L'étudiant en blocus pense...
Il pense à l'amas de travail qu'il lui reste encore à faire, à l'amas de notes qu'il lui reste encore à défricher et, surtout, au temps infinitésimalement petit qu'il lui reste pour s'acquitter du tout.
Ainsi donc, le soir, l'étudiant se repose, pense-tu, cher lecteur ?
Horrible méprise !
L'étudiant pense toujours !
Il ne dort pas : il pense.
Il ne se sert pas un verre de Coca : il pense.
Il ne regarde pas cet épisode d'une énième série trop cool venue des States : il pense encore !
De cette absence de paix psycho-mentale va découler très logiquement un second état particulier : l'étudiant en blocus tente d'avoir l'air zen.
Ainsi donc, ce que l'EEB (Etudiant en blocus, tu ne suis pas, cher lecteur...) ne trouve pas en lui, il va le feindre !
Quand un étudiant en blocus s'adonne donc nonchalament à l'art de la conversation basique msnienne en période hostile, à savoir :
- Salut, ça va ?
- Ca va et toi ? Bien bossé ?
- Bof non, je n'ai avancé que de 412 pages aujourd'hui et il me reste plus qu'un Twix pour finir les 3 dernières. Et toi ?
- Ca va, tranquille, j'ai mémorisé le dictionnaire encyclopédique français-russe, j'entame le français-soudanais.
Il ment !
Ne te laisse pas piéger, cher lecteur !
Ce détachement intense cache en fait un étudiant au bord des larmes ou du meurtre, selon son caractère, se mordant l'avant-bras pour ne pas laisser échapper un hurlement de frustration.
Il feint d'être au top pour garder un semblant de dignité auprès de son camarade à l'hippocampe surdéveloppé et songe au même moment à se pendre à la tringle de son rideau de douche avec le fil de son sèche-cheveux.
Arrive donc le dernier stade, le stade final, the ultimate stade de la mort : l'EEB stresse...
Ce n'est un scoop pour personne : l'étudiant est un stressé ! Un stressé qui nie l'être en permanence, sauf la veille de l'exam quand il lui reste encore deux syllabus à avaler, mais un stressé quand même !
Il ne dort plus, mange peu, passe le plus clair de son temps le nez enfoui dans quelque obscure théorie qui lui est inconnue et alors que, dans ta grande naïveté, tu crois qu'il prend sa douche calmement, cher lecteur, l'étudiant en blocus est en fait en train de stresser !
"Je ne connais pas, je maîtrise pas, j'ai rien compris, il me manque les notes, je dois avoir fini pour demain et il me reste 150 pages,..."
And so on, l'EEB étant aussi et avant tout un jeune dynamique à l'imagination débordante toujours capable de lui fournir de nouveaux motifs pour angoisser au cas où il viendrait à en manquer.
Ainsi donc et au cas où vous n'auriez pas saisi le but de cette dissertation sans intérêt : je suis officiellement en blocus.
Appellez- moi Morticia.


2 commentaires:
Racontez moi un de vos rêves aubergines...
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH JE HAIS LE FLAMAND, LES MATHS ET LE FRANCAIS !AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
( ptite envie ... )
Merci, Laura, pour ce commentaire éclairé qui, j'en suis sure, alimentera bien des réflexions XD
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